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 Oraisons mauvaises (mihail)

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Gabriel Erri


‹ MESSAGES : 14
‹ DATE D'ARRIVÉE : 20/07/2015
‹ DOUBLE-COMPTE : le poney
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EVIL SPIRITS IN HEAVENLY PLACES

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MessageSujet: Oraisons mauvaises (mihail)   Oraisons mauvaises (mihail) EmptyVen 21 Aoû - 13:49


envenomation
L’alignement parfait des ouvrages, à ne pas en laisser un dépasser d’un millimètre, la précision pour chaque détail. Maladie. La bibliothèque qu’elle parcourt des yeux, connaît chaque tranche, chaque page par cœur. Des nouveaux qu’elle souhaiterait acquérir, des possessions qui se trouvent au delà de ses droits. Là-bas. Sur le paradis terrestre gardé par l’ange en armure. Lui qu’elle sait enfermé dans une tour d’ivoire. Plusieurs fois elle a tenté, d’en emprunter. Idée dangereuse. Des livres qui ont fondu sous ses doigts, des pages perdues car elle n’est plus digne, n’a plus le droit de lire les sacrés. Les textes anciens. Une journée de plus à sa vie d’humaine. Les calendriers qu’elle entasse dans des cartons, compte les jours. Psychiatre depuis quelques années. Un cabinet qu’elle rejoint, et le premier patient qui trottine derrière elle. Inintéressant. Pas de quoi souhaiter que sa cervelle joigne le lie de vin du tapis nouvellement acquis. Suivant. Ils défilent, les vies inutiles, les squelettes malades pour qui elle ne possède aucune pitié, aucun soupçon d’émotion. Ange banni. L’ennui qui chuchote de nouvelles idées. Macabres volontés.

Un nom qu’elle choisit au hasard sur la liste d’aujourd’hui. Harley. Princesse envoyée par les parents. Poupée à qui elle susurre de bien viles commandes. Un agneau égaré, présenté, sacrifié. Egorgée sur l’autel. Donnée à un dieu ignorant, absent, menteur, moqueur. « Ca m’attriste et tu sais pourquoi ? Votre corps est trop fragile, la mort vous frappe trop aisément. Humanité… » Mépris qui cogne. « J’ai toujours détesté ce mot. Même lorsque je vous regardais, je n’avais qu’une envie, écraser vos vies, piétiner chaque soupçon de ce que vous appelez bonheur, ça me répugne, c’est écoeurant » Cadavre aux yeux ouverts, les vertes mortes qui ne peuvent qu’approuver. Les cheveux qu’elle empoigne et traine la barbie sur le balcon, à l’attente de ses adorés charognards. Les anges assassins, les faux dans leurs mains. Une enveloppe est nichée dans un pot de fleurs décomposées. Une lettre chaque matin. Un oiseau qui apporte. L’identité connue. Lui et ses méthodes d’un temps dépassé. Vieillard. La morte perd de son intérêt. Regard focalisé sur les mots, la courbure de l’écriture. Gabriel conserve tout, chaque lettre, chaque objet, chaque offrande – le tout qu’elle jette dans des cartons à la cave. Une façon de garder et d’oublier. Un entre-deux entre la haine et l’amour.

Elle rit de la proposition. L’ange destructeur qui souhaite la voir, lui qui commande sa venue. Des années qu’elle ne lui a pas adressé la parole, des années qui ne sont rien. Lettre déposée au bureau, veste emportée. Pas de regard pour l’âme d’une petite assassinée. Clin d’œil seulement pour les faucheurs et leur festin.

Un chauffeur qu’elle ordonne, les instructions données, au refus de conduire, de poser ses mains sur un engin du diable. Moyen de locomotion pitoyable. Lent. Médiocre. Le visage se tourne vers la fenêtre, aux yeux qui observent la vitesse, la vision brouillée, ces petites vies qui disparaissent. Au couvent qu’elle se rend. Là où gémissent les vierges adorées. Les agneaux superbes. La voiture s’arrête. Porte ouverte. Ange martyr qui sort et ne peut empêcher un sourire de voguer aux lèvres carmines. Les pierres anciennes d’un bâtiment toujours debout. Elle se demande comment il peut accepter de gérer les fourmis, comment il peut encore obéir. Tonnent trois coups contre la porte de bois. Petite agnelle qui se présente. « Je viens voir ton diable » Sursaut, terreur et prières de la gosse terrifiée à l’entente d’un nom. « Ne fais pas attendre la Messagère, j’ai détruit des peuples à cause de mon impatience » La nature qu’elle ne cache pas, n’a que faire d’évoquer son nom. GABRIEL. Les couloirs dans lesquels elle est entrainée, suit la terrorisée. « Merci » Les lèvres embrassées. A toujours les souiller. Pauvres humaines. La porte du bureau qu’elle ouvre. Politesse absente. Glisse l’infernale au centre de la pièce, rejoint la fenêtre sans même lui adresser un regard. « Je sais que tu mens » La lettre qui indiquait une solution, un espoir pour les plumes tachées. « Comme tu as verrouillé les portes pour l'extérieur, je peux jeter un œil à la bibliothèque ?»

(C) AMIANTE


    Oh, Gaby!
    Sometimes you need to do something bad to stop you from doing something worse △ Because she can makes every gesture tender, every violence and cruelty gentle, she can take care of them with the same hands she uses to murder and destroy.
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