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 Flower Duet - Morghann

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Howard Meyrick

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MessageSujet: Flower Duet - Morghann   Flower Duet - Morghann EmptyDim 13 Sep - 22:44


Flower Duet


“Aller à l’opéra, comme se saouler, est un péché qui comprend sa propre punition.”

Quand on s'appelait Meyrick, il n'était pas si dure d'obtenir une loge en balcon, pour bénéficier d'une meilleure vue de la superbe scène du vieil opéra. Dans d'autres circonstances pourtant, il aurait sans doute eut plus de mal à faire accepter cette demande, en raison de la distance qu'il avait prise avec Crimson Peak durant des années. Force était pourtant de le reconnaître, s'il avait la ville en horreur, il n'en allait certainement pas de même de ce lieu. L'opéra était l'un de ces séjours du goût et du raffinement qu'il prisait. Et celui-là en particulier. La musique était un domaine pour lequel il n'avait guère de facilités. Pour ne pas dire qu'il était littéralement incapable de produire la moindre mélodie acceptable. Malgré tout, il savait l'apprécier. Et la distinguer, la commenter… Bon public, s'il ne pouvait être bon compositeur. L'opéra était un mélange de toutes les disciplines musicales classiques qu'il adorait et qui, chez lui, produisait ce qui pouvait s'apparenter à une véritable paix. Il aimait les soirées policées, au silence un peu étouffé, et aux lueurs ambrées, sur les bois lambrissés. Un univers de costumes éclatants, de titres ronflants, parfois également. Un univers éclatant dans sa maîtrise artistique, et qui, parmi tous, le réconciliait avec l'humanité. Et en cette soirée, rien n'y dérogeait. Rien ne changeait. C'était un lieu parfait pour se détendre et pour décompresser… au moins un peu. Et il le nécessitait. Entre ses propres plans, son frère et la récente infamie qu'il portait comme une cangue en mémoire de la faiblesse que chez lui, Proserpine avait une fois de plus insufflée. La diablesse, tout comme Mortimer, avait un trop fort ascendant sur lui, et c'était entièrement sa faute. Il lui fallait s'améliorer. Encore. Chercher à se dépasser. Mais avant d'y travailler, encore lui fallait-il chercher à faire table rase de cette ardoise qu'il se traînait.

L'opéra donc. Lieu d'enchantement, d'émerveillement… Quoi que, pas pour tout le monde. Un regard jeté à son frère, tandis qu'ils grimpaient les marches, qui vers l'entrée les menaient. Son frère n'était, aux dernières nouvelles, pas aussi sensibles à ce genre de spectacles, pas aussi appréciateurs de ces beautés. Il fallait le dire, cependant, Morghann n'était pas exactement le modèle type du Meyrick que l'on s'attendait à croiser. Il était différent. Et son frère voulait croire qu'il y était pour quelque chose, sans pouvoir pourtant rejeter l'idée que son cadet était tout simplement une anomalie. L'exception qui confirme la règle… ou bien était-ce l'exception par la règle confirmée ? Peu importait, il avait tout de même accepté de l'accompagner. C'était un effort… un effort qui n'était sans doute pas totalement étranger à la discussion qui avait résultée de leur première nuit dans le tombeau qu'il avait aménagé.  Est-ce que cela le gênait, de profiter ainsi de ses aspirations, ou simplement d'accepter la possibilité qu'il ne se livre à ce qu'il ne devait concevoir que comme une corvée uniquement pour lui plaire et l'appâter ? Non, pas sur l'heure, bien qu'en définitive cela devrait lui traverser l'esprit, et qu'alors il le ressentirait comme une impureté, une fausse satiété. Mais pour le moment, il s'en satisfaisait. Pourquoi en discuter ? Lui voulait cette soirée, Morghann voulait sa compagnie et voulait le convaincre de ses potentialités. Tout le monde s'y retrouvait ! Et puis quand il y pensait, ce n'était pas si mal, l'opéra en question était suffisamment intéressant pour qu'éventuellement, son cher jumeau puisse y trouver quelque intérêt, s'il se tenait à un minimum d'effort sincère. Un opéra qui différait des habituelles pièces italiennes, et autres habituées.

Lui-même l'avait déjà entendu voilà quelques années, à l'occasion d'un voyage dont il se souviendrait longtemps. Lakme était un compositeur d'immense talent et savait faire vivre ses œuvres au-delà de leurs temps présents. Et surtout, il n'était en rien agressif. C'était l'art idéalisé pour quiconque voulait se changer les idées et, pendant un temps, son noir environnement oublier. Et c'était ce qu'il désirait. Oublier, pendant un bref moment. A la faiblesse humaine céder. Mais était-ce bien une faiblesse que de pouvoir se renouveler ? Son souffle raviver ? A bien y réfléchir, il ne pouvait l'affirmer. Peut-être n'était-ce tout simplement pas une question de force ou de faiblesse, peut-être que ça ne l'avait jamais été…. L'idée se trouvait balayer, d'un revers impalpable dans son psyché, tandis qu'il pénétrait dans le grand hall illuminé, les présents observait. Ils étaient nombreux en cette soirée, sans doute, pour la plupart, dans l'accomplissement d'un but similaire recherché. L'atmosphère de la ville se dégradait, lentement mais sûrement. Cela donnait fatalement envie de s'en évader. Est-ce qu'ils y parviendraient ? Pour une fois, il le leur souhaitait. Soupirant légèrement, il laissa son regard traîner sur un couple à l'apparence raffinée, puis sur son frère, pareillement apprêté, pour l'occasion et sur sa demande motivée. Il ne voulait pas avoir honte de son cadet. Ni de lui-même, c'était d'ailleurs pour cela qu'il avait prit soin d'être sous 'calmants' pour l'occasion qui se présentait. Les conversations policées bourdonnaient, les groupes s'entrecroisaient. Un employé s'approcha de leur duo, et il présenta leurs tickets avant de confier son manteau. Le froid de Septembre s'était installé.

« Morghann ? » Un instant, il le crut échappé. Pourtant, non, il était bien là, tout près. « Veux-tu bien rester là où je peux te voir ? » Bas il parlait, bien assez pour ne pas l'humilier pour qui que ce soit, avant de reprendre, d'un ton plus conviviale, du moins plus adapté à l'environnement dans lequel ils voguaient. « Nous avons le balcon central, la pièce débute dans un quart d'heure. Le temps de nous installer et de prendre un… thé ? A moins que tu ne m'accompagnes pour quelque chose de plus corsé » Buvait-il à présent ? On ne savait jamais. Et s'il ne faisait nul mention de leurs singularités, ou de celles de leur situation, c'était dans l'optique de faire de leur sortie un fragment de paix dans cet univers tourmenté. Simplement le temps de deux frères partageant un peu d'intimité, de vie commune, comme ils avaient parfois pu le faire par le passé. Des moments qui avec le temps s'étaient éparpillés, qui rares s'étaient faits… Mais là-dessus, pas besoin de s'attarder, le passé était le passé, c'était l'avenir qui lui importait. « Veux-tu attendre encore un peu ? »



Meyrick

N'est pas mort ce qui a jamais dort et au long des siècles peut mourir même la mort©️ Joy
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Morghann Meyrick

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MessageSujet: Re: Flower Duet - Morghann   Flower Duet - Morghann EmptyLun 14 Sep - 23:38

L'opéra donc. Voilà ce que lui avait proposé son jumeau et que béatement il avait accepté comme s'il se faisait offrir un présent prématuré à sa date anniversaire et qui pourtant, l'enjouait tant qu'il ne pourrait refuser, même s'il l'avait un seul instant pu s'en désintéresser. Les souvenirs des salles de spectacles, ces chants enivrants, mélodie habile avaient fait assaut dans son esprit. Il ne s'agissait cependant pas de ses propres mémoires mais bel et bien celles de son jumeau, abruptement dévorées à leurs retrouvailles. Lui-même n'y avait jamais personnellement mis les pieds, toutefois l'expérience qu'en éprouvait son aîné avait suffi à lui illustrer combien pour lui, il s'agissait d'un havre de paix. Il fut même touché qu'il lui propose de l'accompagner, de partager avec lui cette bulle hors du temps, loin des tourments de leurs quotidiens, une bulle pour eux deux, pour y souffler et s'évader. Alors oui, même s'il n'y connaissait rien, même s'il risquait de profondément s'ennuyer, il avait accepté l'invitation et s'était plié aux exigences vestimentaires de son jumeau. Il avait fait fit de ses habituels jeans sombres, de ses boots boueuses à en faire pâlir ces gens de haut goût s'il se pointait avec dans un opéra. Il aurait été la risée de tous et son frère en aurait probablement eu honte. Son objectif n'était pas ici, bien au contraire, c'était de la fierté qu'il aspirait à contempler dans ses prunelles sombres comme ses lacs d'encre de Chine. Alors il avait fait cet effort et dans son miroir, c'était d'avantage son frère que lui-même qu'il pouvait observer en reflet, ainsi habillé. Un fin sourire avait alors effleuré ses lèvres, constatant une fois de plus l'ascendant qu'Howard avait sur lui. Il s'en satisfaisait sans nul doute.

Son regard sombre comme le charbon flattait l'architecture de la façade. Encore une fois, il s'agissait d'avantage des souvenirs gémellaires qui lui revenaient, mais qu'importe, ils lui appartenaient à présent. Son œil était guidé par la mémoire de son frère, comme si mentalement il lui montrait du doigt ce qu'il y avait de plus beau. Il s'en désintéressait certainement, mais il se plaisait à voir en vrai ce qui donnait tant de plaisir à son aîné. En cela, ses yeux semblaient s'émerveiller. Ils gravirent les marches, avant d'entrer, et une fois n'était pas coutume, son regard était guidé par son aîné vers les tableaux pour lesquels Howard portait de l'intérêt. Il arquait un sourcil parfois devant l'un d'eux. Il n'était pas autant insensible à l'art qu'il n'y paraissait mais de là être transcendé par deux gouttes d'huile qui se battaient en duel pour une teinte de couleur ou une autre... Il se détourna et vers une vendeuse, il s'approcha pour réclamer un paquet de bonbon, ce qui fit rire la dite vendeuse qui ne vendait en général les bonbons qu'aux enfants. Morghann s'était alors étonné qu'il existe des parents capables d'enfermer leur pauvre enfant dans un opéra. Le gamin devait s'ennuyer à mourir... Sauf s'il s'agissait d'un Howard en puissance ou qu'une oreille absolue, futur prodige de la musique. Fier de sa trouvailles, le cadet se déplaçait en ce lieu comme un éternel habitué, prenant toujours pour guide le mémorial de son jumeau, et revint vers son frère qui l'appelait. Il frissonna à son nom de sa bouche prononcé, ses prunelles sombres et fidèles s'inquiétèrent de répondre à son appel. A son ordre, bas, il acquiesça de la tête, laissant sur ses lèvres un sourire joueur naître : « Craindrais-tu que je me fasse kidnapper par un pédophile ? »  Il agita le paquet de bonbons pour qu'Howard remarque la présence de son achat et taquin, il ajouta un : « Je t'ai mis le pédophile au frais si tu souhaites le rosser dans la nuit. »  susurré au creux de son oreille, loin de vouloir révéler au grand public leurs talents de nécromanciens déjà bien trop soupçonnés. « Sauf si tu préfères t'occuper de moi. »  poursuivit-il, murmure espiègle. C'était qu'il avait quelques bêtises à se faire reprocher et gronder. Il avait beau désirer se conformer à la volonté de son frère, il restait lui-même, l'être cynique. Il avait ri de la crainte soudaine de son frère de l'avoir perdu. C'était malvenu, il ne pouvait toutefois s'en garder. Il serait devenu bien terne, sans discussion aucune. L'humour et l'ironie étaient ses langages favoris. Il se mordit la lèvre pour se faire taire, baissa les yeux, d'un air navré et sursauta lorsque l'employé, dans son dos, les salua et leur demanda leurs entrées.

Les jumeaux se défirent de leur manteaux, le cadet frissonna au froid de septembre qui filtrait dans cette entrée par les portes ouvertes pour les clients. Dans la salle de spectacle, il seraient mieux logés. Son regard s'attarda sur la file de personnes qui venaient pour le spectacle, dans leur tenues de soirée. Les femmes rivalisaient de maquillage, de soie, de perles, pierreries et fourrures, les hommes affichaient un élégant raffinement, costume sur-mesure taillé, bouton de manchette exhibés, chausses de cuir parfaitement cirées. C'était à en faire tourner la tête et le mettait certainement mal à l'aise, même si de mondanités il était habitué. Cela lui rappelait que trop la rigidité Meyrick de laquelle il s'était émancipé. Voilà qui était paradoxal qu'Howard trouvait son aise en pareil endroit. Étourdi, c'est sur son frère que son regard s’agrippa, y cherchant un certain secours au sein de cette fausse aux serpents. Et dire que ceux-ci seraient probablement inoffensifs, loin d'être les pires qu'il puisse rencontrer à Crimson Peak. « Bien sûr que je t'accompagne. »  répliqua-t-il calmement comme si ses propos étaient imbibés d'une logique implacable. Où il irait, il le suivrait et si cette route était pavée d'alcool, il s'y engagerait tout de même. Il avait connu les soirées étudiantes. Loin d'avoir abusé pour autant, il savait savourer la brûlure liquide qui se déversait dans sa gorge avant de l'emplir d'une chaleur torride. « Je ne suis pas même certain que tu arrives à me suivre sur ces horizons-là. »  Un doute dans son sourire qui s'effaçait. Ses yeux s'étaient arrêtés sur une femme richement vêtue et accompagnée d'un gentleman. Elle était brune et lui rappelait terriblement Kessy dans sa façon de se porter, de converser et même de sourire, non pas dans les traits de son visages. Il resta un instant fixé, immobile, absorbé alors que son expression se brodait d'une peine mélancolique. Il était loin d'ici leur cocon, hélas. Il ferma les yeux pour vider son esprit et ne les rouvrit que pour s'inféoder à son frère, se délectant de son autorité et sa présence. « Non. Allons-y. »  Moins il verrait cette femme et mieux il se porterait. Il était venu ici pour profiter d'Howard, non pas pour se laisser dompter par des fantômes. Balcon central, loge privé : il s'y rendait, marchant devant son jumeau, pour qu'il reste à sa vue comme il lui avait demandé. Il se dirigeait comme un habitué, comme si ce n'était pas la première fois qu'il se rendait ici... Et pourtant, ses pieds n'avaient encore jamais foulé cette terre par le passé. Les souvenirs de son frère traçaient son chemin et lui offrait une certaine aisance.

La loge était confortable, comme il s'y était attendu, leurs boissons les suivaient, sur un plateau portées. Il avança jusqu'au bord de la balustrade, s'y pencha, vertige habituel, il vacilla, recula, ferma les yeux pour calmer son système vestibulaire et lorsqu'il se retourna vers Howard avec un sourire pour cacher son malaise, yeux brillants... Ce fut pour bredouiller un : « C'est haut. » Ça n'était pas si haut, mais il l'avait perçu comme tel. Il s'installa près de son aîné alors qu'un brouhaha étrangement discret emplissait la salle avant le spectacle. Son regard s'attarda sur la jambe estropiée d'Howard, de ses souvenirs ressurgissait cette sanglantes scène face au wendigo qu'il chassa rapidement, bien trop inconfortable. « C'est... Grisant. Depuis que nous sommes ici, je navigue davantage dans tes souvenirs que dans les miens »  confessa-t-il, bas. Il l'inonda d'affection lorsque son regard croisa le sien : « C'est comme si j'étais chez moi. »  Un sourire gêné, regard fuyant : « Et pourtant, ça ne l'est pas vraiment... »  Il prit son verre, en contempla quelques secondes, visiblement songeur, la liqueur dorée, puis finit par lever sobrement son verre : « A toi. » Propos tendres, veloutés, propos d'un fidèle devant sa divinité.



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Tu m'as demandé d'être différent d'eux. Il m'est l'heure de ne plus être toi. Ci-gît mes ancêtres et leurs mémoires délétères. Leurs bras nécrosés m'imposent cette éprouvante chute solitaire, l'infernale distraction succède un puéril détachement en ces secondes éternelles. Pardonne-moi, j'ai encore creusé leur tombeau.
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Howard Meyrick

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MessageSujet: Re: Flower Duet - Morghann   Flower Duet - Morghann EmptySam 19 Sep - 19:37


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“Aller à l’opéra, comme se saouler, est un péché qui comprend sa propre punition.”

S’il craignait de le voir se faire enlever par un pédophile ? Non. Par autre chose, peut-être bien, on ne savait jamais. Ce n’était, après tout, pas complètement fou que de craindre ce que son cadet pouvait provoquer, en particulier lorsqu’on gardait en mémoire les raisons de son retour à Crimson Peak. Qu’il soit confronté à un pédophile serait bien le dernier de ses soucis, tandis qu’il s’imaginait davantage devoir le secourir d’un vampire, d’un loup-garou ou, pire, d’un démon, pour ne citer que les menaces surnaturelles qu’ils pouvaient rencontrer. Sortant de ses pensées au son du sachet froissé et secoué, il haussa les sourcils, papillonnant un bref instant des yeux, reculant quelque peu la tête pour finalement observer les douceurs présentées. Où avait-il trouvé ça exactement ? Il ne l’aurait tout de même pas volé à un quelconque garnement… Son regard, un instant, se fit suspicieux à cette pensée, imaginant parfaitement son frère se complaire dans ce genre de petits coups navrants…. Avant de chasser l’idée. Non, il ne pouvait être si bassement tombé. Pas même lui. Quoique… « Je pourrais m’occuper de vous deux..  » suggère-t-il alors, à nouveau tout bas, pour que leur conversation de tombe pas dans d’autres oreilles de mauvais aloi. Pourquoi pas ? Si Morghann le tentait, il pouvait très bien à sa faiblesse céder et corriger quelque peu son gémellaire cadet. Une fois qu’ils seraient rentrés, évidemment, puisqu’il n’était nullement question de se risquer à pareil exercice en un lieu si fréquenté. Et même alors, il ne serait pas acceptable de s’adonner à leur échange secret dans la demeure Meyrick elle-même, par crainte que le reste de leur parenté ne vienne à avoir connaissance de leurs pratiques reprouvées.

Incapable de réprimer l’envie ainsi incitée, il dû se résoudre à contenir le frémissement d’impatience qui le traversait, ses yeux luisant sourdement tandis qu’il l’observait. Quelque chose fit surface en lui, une tension serrant son dos autant que ses entrailles, et il se secoua intérieurement dans l’espoir de se faire revenir les deux pieds sur terre, cillant pour ensuite chercher une solution qui pourrait occuper son esprit à présent émoustillé. Un sourire fin, légèrement pincé, transpirant d’une satisfaction consommée autant que d’une attente connivente, ornait ses lèvres tandis qu’il se livrait à sa quête pleine de saine nécessité. Pour ne pas cingler son frère d’un silence empesé pendant ce temps-là, autant que pour tenter de faire disparaître ce rictus qui marquait ses traits, il chuchota : « Tu sais, j’aurais éventuellement pu t’imaginer aux prises avec un quelconque pédophile, mais non comme tu t’y attendrais  » Il avança d’un pas et demi, frôlant son épaule de la sienne et se penchant avec complicité, ne cachant pas le partage du secret tout en se gardant bien de le révéler à tout autre que celui auquel il le destinait. Et d’un ton chaud et amusé, ou le rire se soufflait, esquissé mais non relâché, il poursuivit avec taquinerie. « Je t’imaginais plutôt sciemment l’attirer et le piéger, une illusion pour compagne de méfait… ou bien simplement une jolie pair de bas et un porte jarretelle ajusté… Pourquoi pas une petite robe pour l’accompagner, histoire de donner le change et te faire chaperon rouge à la chasse aux loups… Prévient-moi si l’idée te tente, je ne saurais la rater  » Et d’une tape amicale sur l’épaule, il se consacra à l’employé qui les interpellait. Comme quoi, lui aussi pouvait faire preuve d’humour… non ? En fait et à bien y réfléchir, il n’était pas certain d’en avoir réellement plaisanté et se prit à observer en coin son frère en se demandant tout ça ne lui irait pas en vérité.

Cependant, la question se dissipa quand il trouva de quoi se concentrer. Dans les tableaux de maîtres ? Dans l’ambiance chaude et apprêtée ? Quelque peu, certainement, mais pas autant que dans l’idyllique vision qui trônait aux milieux des langues de chat, des dragibus et autres crocodiles gélifiés. Il trônait là, comme un seigneur sur son trône, dans tout son croquant, fièrement dressé, et l’arrondi des oreilles parfait… Sublime vision que sa légère coque à peine craquelée, que son petit museau qui appelait à la gourmandise, figure même de la luxure sucrée… sa muse, son ambroisie… l’ours en guimauve recouvert de chocolat ! Mais hors de question de le voler à son frère devant quiconque, il tenait bien trop à sa dignité. Alors, il lui faudrait attendre, comme le dangereux chasseur guettant sa proie dans l’ombre, avant de lui sauter dessus pour l’achever, sans lui laisser la moindre opportunité de se sauver. La seule différence majeur, c’était que lui ne pouvait pas sauter, et que l’ours ne pourrait pas s’enfuir sur ses petites papattes d’ours, seulement sur celles de son frère qui n’oserait certainement pas lui enlever le pain (l’ours) de la bouche à moins de vouloir souffrir de son fiel pendant plusieurs jours. Pour autant, il le garda bien à l’œil, transformant leur progression en une plaisanterie ironique, son frère semblant se concentrer sur les lieux que lui appréciait, et lui-même lorgnant avidement le paquet de sucreries qu’il tenait. Un bref instant pourtant, il l’avait senti, vu hésiter, à la vision d’une femme toute en beauté, sans parvenir à décrypter ce qui l’avait ainsi tourmenté. Pour le moment peu importait, avec son frère à ses côtés, l’opéra pour lieu de repos et cet ours en chocolat qui lui tendait ses petits bras, le monde pouvait bien s’écrouler qu’il s’en guignerait.

Bientôt, Morghann le dépassa, et quelque chose en lui se brisa tout autant qu’il s’en trouvait enchanté. Ainsi, son jumeau il ne pouvait rater, exactement comme il le désirait… de l’autre, son ours lui échappait. Et si Morghann le mangeait ? Malheureusement son cadet avait la patte bien plus leste que lui et semblait parfaitement se diriger, bien que n’étant jamais venu ici séjourner. Curiosité passagère, avant qu’il ne se concentre sur les marches qui se présentaient et qui, fatalement, se transformaient pour lui en des épreuves de forcené. Puis finalement, ils purent jouir du décorum que la loge centrale leur offrait. Magnifique paysage humainement créé. En contre-bas se trouvaient respectivement la scène, large et spacieuse, de bois lustrée, et des sièges les rangées. L’estrade était encadrée de lourdes tentures, le cadre de bois qui les retenait une merveille baroque aux gravures délicates et dorées. Les replis dissimulaient certains des éclairages nécessaires à ce lieu, tandis que le fond de toile de la scène démentait la profondeur de cet espace aux officiants attribué. Elle s’avançait, l’estrade de bois vers les spectateurs projetée, en demi-cercle tandis que les rangs de sièges confortables s’y emboîtaient, augmentant là l’impression de grandeur qui à l’entrée déjà s’esquissée. Le dôme était peint, mais la fraîcheur des couleurs avouait une reprise moderne, sans nul doute pour conserver cette partie sans doute appréciée de la grande salle d’opéra. Le bourdonnement des voix se trouvait sensiblement contrasté, ici, plus sourd et grave, et comme résonné par l’ensemble des lieux. Leur propre loge était caractéristique, avec ses gravures et ses sièges sculptés, son velours et ses allégories peintes.

Il s’installa avec autant de dignité qu’il pouvait en manifester, et étendit sa jambe blessée. D’une main, il prit le verre qu’on lui tendait, tandis que son frère il surveillait. Morghann semblait soudain… et bien, il n’était de toute évidence pas à son aise. Fronçant les sourcils au commentaire, il hocha légèrement la tête et observa la foule en contrebas, qui s’installait. « Oui, c’est vrai  » Il n’allait pas épiloguer pour le moment, mais sans doute y reviendrait-il par la suite, car ce qui troublait son frère, il ne pouvait l’ignorer. Il le regarda approcher, s’installer et l’écouta avec grande attention, penchant légèrement la tête sur le côté, une expression attentive se dessinant sur ses traits. Il naviguait dans ses souvenirs ? Voilà un phénomène auquel il était étranger, et qui l’intriguait. Son domaine de connaissance n’y était pas tant rattaché, et de nombreuses questions émergeaient, qu’il se retenait de poser, doutant même que son frère puisse y apporter une réponse. Leurs regards se croisèrent, et il retint le sien, pour finalement sourire discrètement. Il éleva son propre verre, répondant à son toast, et en savourant le contenu d’une gorgée mesurée, laissant l’alcool dans sa gorge pétiller. Se pinçant un instant les lèvres pour happer une goutte ambrée, il en profita pour pondérer les mots qu’il allait prononcer. « Cela peut être chez toi si tu le fais tiens. Je n’ai guère de précisions à apporter quant aux souvenirs que tu as volés, ou les conséquences de ce larcin, mais je ne doute pas que, si tu décides d’apprécier les lieux, tu n’auras aucun mal à effacer… ce qui est mien  » Pondérant un bref moment la suite de son parlé, il décida finalement de se redresser, déposant son verre sur le plateau qui leur était resté, sur un portant installé.

Ses mains virent se poser sur ses accoudoirs, son corps penché en avant, son front et le sien se frôlant en un geste presque habitué. Prunelles contre les siennes, il poursuivit dans un souffle : « Je suis ravis que tu ait accepté de m’accompagner. Mais je ne te forcerais pas à aimer ce qui, moi, me plait… Si cela doit arriver, je préfère encore que ce soit de ton plein grès, et, plutôt que les miens, avec tes apprêts… Nous verrons bien cela  » Conclusion d’un demi-sourire avant qu’il ne se redresse et ne lui chipe le paquet de sucreries, affichant, alors qu’il se rasseyait, une mine aussi fière que satisfaite. Pêchant enfin son ours tant convoité, il le croqua avec un air de pure satiété, s’appuyant largement dans l’assise. Ce qu’il découvrit, c’est qu’il y en avait d’autres, qu’il piocha tandis que les spectateurs s’installaient. « En y réfléchissant bien, il m’apparaît que nous n’avons pas tant partagé nos personnalités… Tu ne penses pas ? Même lorsque nous habitions ensembles pendant nos études, nous étions plongés dans nos cours ou nos… activités personnelles, mais nous restions largement isolés. Nous savons pourquoi, mais ne serait-ce pas une idée que de changer tout cela ?  » Tout ce qu’il découvrirait, il pourrait l’utiliser. Tout ce qu’il découvrirait pourrait lui servir, et en retour, Morghann apprendrait ce qui lui plaisait de ce qui le répugnait…

« Je crois que la seule chose que j’ai jamais exprimé a été mon appréciation pour les bocaux de cornichons et leur contenu originel  » Il pouffa, fit sa fête au dernier ours et récupéra son verre comme si de rien n’était, nullement troublé… « J’ai d’ailleurs sans doute oublié de te dire que nous n’allons pas rentrer immédiatement après la représentation. J’ai réservé dans un restaurant…  » Son regard, contrairement au reste de sa personne, se fit tranchant. « J’ai également dans l’idée d’y débuter ta punition puisque tu me l’a si gentiment suggéré…  » Voix soudain veloutée, légèrement traînante et suggestive, lacée d’une complicité posée pour accentuer encore sa propre part dans cette décision, ses longs doigts jouant avec le verre. « J’espère que tu apprécieras plus encore que cet opéra… après tout… tu en seras la diva... MA diva  » Léger ourlé de la commissure des lèvres, tout son être adouci, yeux exceptés « Mais ne t'en fait nullement, ce ne sera certainement pas comme la dernière fois... C'est un moment à partager, après tout.... un moment à apprécier »



Meyrick

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MessageSujet: Re: Flower Duet - Morghann   Flower Duet - Morghann EmptyLun 21 Sep - 22:43

S'il pouvait s'occuper des deux à la fois ? La mine de Morghann se renfrogna, probablement vexé qu'il ne l'ait pas choisi lui, et lui seul, en proie à sa crainte de ne pas lui suffire. Un sourire taquin avait rapidement reprit place sur ses lèvres alors qu'il répliquait, bas : « Tu es bien trop gourmand Howard. Pour la peine, tu n'auras que le pédophile tout pourri. » Réponse puérile à bien y songer, qui rimait sans se tromper à un 'pour la peine, je ne jouerai pas avec toi', renforçant l'idée d'un enfant piégeable par un pédophile. Il haussa les épaules, observant un instant son aîné, amusé par cette idée saugrenue qu'il lui avait mise en tête et qui, presque imperceptiblement, faisait son chemin dans son esprit. Ça l'amusait, sans qu'il n'aille jusqu'à imaginer que cela puisse réellement se passer, que son frère puisse le punir. Il ne voulait pas anticiper ce qui se produirait probablement un jour s'ils avançaient dans cette voie tout deux. Il voulait le découvrir au moment venu, et trancher des émotions qui le saisiraient en temps et heure. Il avait un instant présent à vivre et il ne comptait pas le gâcher par quelques attentes dont il pourrait être désillusionné.

Contre son épaule, Howard vint se placer pour que d'une réplique délirante, il vienne le cingler. Son sourire, de son visage, s'effaça d'un seul coup, le laissant blême de cette imagination incongrue. Il arqua un sourcil, se demanda d'où l'idée avait pu venir à son aîné avant que vif, il ne réponde des propos acerbes : « Moi au moins, quand je vais à la chasse au loup, je reviens avec mes deux jambes. » C'était petit, probablement autant vexant que ce son son frère lui infligeait, d'ironie sarcastique bordée. Ça ne devrait pourtant pas surprendre son frère : c'était du Morghann tout craché en temps normal. Il n'y avait pas été de main morte, appuyant là où sa faisait mal, l'infirmité fraternelle. Un instant, il se surprit à penser qu'il n'avait été aussi violent que pour donner à Howard les motifs de le rosser d'autant plus tôt. Alors, il poursuivit : « Tu devrais essayer la prochaine fois que tu vas risquer ta vie, les bas à résilles. Ça te portera d'avantage chance, tu ne crois pas ? » Il haussa de nouveau les épaules, ingrat enfant, et passa devant. En chemin, il redevint un peu plus sérieux, révélant un : « Je ne sais pas ce qui doit exactement m'affliger : que l'idée ait germé dans ton esprit.... Que tu m'imagines capable d'un tel accoutrement... » Un regard son son frère par dessus son épaule : « Ou que tu sois en train de te demander si ça m'irait. » S'il l'avait deviné ? Ce n'était pas mal était à s'en douter lorsqu'on se faisait regarder de haut en bas après de tel propos. « Les trois je suppose. » conclut-il avant de disparaître à l'intérieur de la loge.

Toast porté à son aîné, il conduisit le verre à ses lèvres, s'en délecta un instant, les yeux clos, bercés par la voix de son jumeau qui lui répondait. Il n'avait pas tord. Il pouvait effacer les souvenirs qu'il lui avait volé, les remplacer. Comme toutes les mémoires, il n'avait pas tout retenu, certaines choses ne lui revenaient à certains moment, comme l'architecture de l'opéra, les musiques du passé qu'il entendait dans sa tête. « Et si je n'ai pas envie d'écraser ce qu'il y a de toi en moi ? » Sa voix était calme, certainement sincère. Toutes ces années à le repousser, à le refuser, à ne jamais s'octroyer une part de lui... Et maintenant qu'il l'avait, comment pourrait-il vouloir s'en défaire ? Comment pourrait-il refuser ce divin présent qu'on lui offrait ? Il aurait fallu être fou et il œuvrait pour ne pas le finir. « Tes souvenirs m'habitent comme les Voix m'habitaient. Ils me parlent, me montrent, m'ouvrent les yeux sur certaines choses que je ne voyais... Tout comme les Voix me contaient l'histoire des Meyrick, leurs rancœurs intestines, leurs secrets... Tu me fais regarder ce qui m'entoure avec tes yeux, tes sentiments, tes appréciations. Plus que d'avoir fait couler mes larmes, tu m'as offert... Même si peut-être tu ne le voulais, un sursis. Un sursis dans l'attente d'une autre solution. » Dans l'attente de retrouver ses Voix par exemple. « Je ne veux pas les effacer. Au contraire, je veux les préserver, les protéger, ne pas les laisser m'échapper. »

Surplombé par son aîné redressé, front contre le sien, il se sentait gouverné et dompté. Il était à son aise et sans regrets, il aurait pu l'avouer que son ascendant le satisfaisait. Ne lui avait-il pas plus d'une fois confessé ? Il lui laissait son libre choix d'aimer ou non qui plaisait à son jumeau. Le cadet acquiesça de la tête, bien obéissant dans cette position de soumission. Aussi laissa-t-il s'échapper ce paquet de sucrerie que son frère convoitait. D'un sourire, il gratifia ce qu'il pré-sentait, et plus encore lorsqu'il vit Howard dévorer ces pauvres oursons sans défense. Heureusement qu'il en avait sauvé un, peut-être pour mieux le lui offrir en sacrifié lorsqu'il aurait en quelques secondes englouti ceux qu'il avait dérobés. Il fut étonné de sa proposition, celle qui consistait à échanger sur eux-mêmes, apprendre à se connaître. Touché quelque part qu'il se décide à franchir le pas et briser la glace. Le cadet en resta figé, s'interrogeant sur une potentielle plaisanterie qu'il lui servait. Mais il ne semblait démentir, ressassant même cette vieille histoire de cornichons. C'était affligeant qu'en l'invitant à discuter avec lui, Howard lui avait tout bonnement cloué le bec de surprise et Morghann n'osait entamer la moindre anecdote, de peur que son aîné se ravisse de sa demande pour il ne savait quelle obscure raison.

Il baissa les yeux, songeur, et un tant soit peu dérouté par cette porte grande ouverte qu'il avait toujours refusé de franchir par le passé. Le cadet redressa un regard brillant lorsqu'on lui annonça la suite des festivités. Un restaurant, ainsi la soirée ne s’achèverait pas prématurément. La suite lui arracha un sourire, l'intriguait, sans parvenir à percer ce que son frère préparait. Seule la confiance qu'il avait placée en lui, lui laissait la possibilité d'appréhender cet avenir inconnu de façon sereine et même avec... Hâte ? Il se redressa de son fauteuil, bien qu'assis, il s'orienta vers son jumeau : « Que de mystères, tu piques ma curiosité... Elle est, hélas, plus forte que mon amour pour les surprises. Je vais être obligé de te torturer jusqu'à ce que tu m'avoues ce que tu as en tête et il se trouve... » Il dévoila le dernier ourson qu'il avait sauvé du massacre en lui faisant faire de petit cercle devant le visage de son frère, comme cherchant à l'hypnotiser, un grand sourire malicieux : « … Que j'ai les moyens de te faire parler. » Il cacha l'ourson derrière son dos, à l'abri, taquin : il n'offrirait de monnaie d'échange que s'il avait ce qu'il voulait : « Tu as oublié que je te connais beaucoup à présent et que j'ai une bonne longueur d'avance sur toi. Il va falloir que tu redoubles d'efforts pour te mettre à ma hauteur. » Les mémoires de son frère l'aidaient pour beaucoup, même si sur certains points, il aurait préféré les apprendre de lui de façon plus directe.

« Je suis désolé pour les cornichons. C'était pour ma thèse... Il fallait que j'expérimente des choses et les moyens de ces primates sont plus réduits que les nôtres. Dis-toi que ton sacrifice était pour la science. » Comme si ça pouvait lui apporter bonne conscience : « C'était même frustrant... D'avoir d'immenses possibilités auprès des défunts et être à ce point contraint. » Il haussa les épaules : c'était pourtant cette voie qu'il avait choisie et choyée malgré cette frustration : « A croire que la contrainte me plaît, me pousse à l'investir, épouser ses formes, en découvrir toutes les possibilités. On est parfois plus libre par la contrainte que celui qui, sans limite, ne sait exactement où aller et se perd. » Il le pensait, que son frère s'était perdu, que dans sa quête vers l'absolu, il avait oublié de regarder dans quelle direction incongrue il se rendait, là où lui, avait été toujours parfaitement cadré par son aîné. Le jour où il ne l'avait pas été, il avait commis l'offense au Prince de la Mort et avait été puni. Il avait débordé et c'était éloigné de l'enclos d'agneau qu'on lui avait laissé. « J'avais toujours pensé que tu t'enfermais pour regarder du pornographique... ou que tu avais une petite amie cachée, que tu n'osais montrer par crainte qu'il s'agisse d'une faiblesse que tu devais absolument dissimuler. Que comme moi, tu avais réussi à avoir une vie normale même si tu ne me le disais. Tu n'imagines pas à quel niveau de désillusion tu m'as frappé. » Sourire triste avant qu'il ne reprenne : « Tu es resté enchaîné. Même loin de Crimson Peak. Pourquoi ? Pourquoi ne t'es-tu pas avec moi émancipé ? Pourquoi n'as tu pas tout envoyé en l'air ? Ta rancœur pour les Meyrick ? Ton combat face à ce démon ? Qu'est ce que ça pouvait faire ? Quelle importance cela pouvait bien avoir ? J'ai beau savoir pourquoi... Je peine à comprendre, ça sort de mon entendement. »

Il posa délicatement l'ourson contre les lèvres d'Howard, laissant son sacrifié se faire décapiter en lot de consolation, et cachant à nouveau le reste dans son dos, veillant sur sa monnaie d'échange. « Et toi ? Que veux-tu savoir ? » L'invita-t-il, d'une voix basse, presque enjôleuse, enfant amusé par ce jeu qui pourrait lui dévoiler son jumeau par morceaux de lambeaux. Il se sentait déjà bien,  en ce lieu. On entendait le brouhaha sourd du monde et pourtant ils avaient leur cocon à eux deux. C'était un intermédiaire entre la solitude et son contraire, là où deux entités pouvaient coexister sans dépérir : Morghann mêlé aux autres, Howard dans son intimité. Il leva à sa vue le reste de l'ourson comme pour le faire flancher : « Alors ? Tu parles ? Quelle punition pourrions-nous 'partager.... apprécier' ? »



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Tu m'as demandé d'être différent d'eux. Il m'est l'heure de ne plus être toi. Ci-gît mes ancêtres et leurs mémoires délétères. Leurs bras nécrosés m'imposent cette éprouvante chute solitaire, l'infernale distraction succède un puéril détachement en ces secondes éternelles. Pardonne-moi, j'ai encore creusé leur tombeau.
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